John Lennon est mort il y a 39 ans : récit d'une journée inimaginable

C’était le 8 décembre 1980, à 22h52 : cinq coups de feu retentissent dans le hall du Dakota Building, à New York. Une figure tombe au sol. John Lennon ne se relèvera jamais. Récit d’une folle journée après laquelle plus rien ne sera jamais pareil pour les millions de fans des Beatles.

The jealous guy. « Les Beatles sont plus célèbres que Jésus Christ. » Cette phrase, prononcée dans les années 1960 par un Lennon déjà bien goguenard, n’a visiblement pas plu à tout le monde, et certainement pas au dénommé Mark David Chapman. Cet Américain, a priori lambda (25 ans au moment des faits) est tombé dans les Beatles et le LSD à l’adolescence ; époque à laquelle il commence à développer une sombre manigance : tuer son idole, John Lennon. Quand la police l’arrêtera, plus tard, on retrouvera une Bible sur lui, une preuve tout sauf anodine de la détestation de l’Amérique radicale et religieuse pour les chansons écrites par ces quatre Anglais.

Nous en sommes là, le 8 décembre 1980 au matin, quand le principal intéressé, un peu dans le creux de la vague, s’est fait tirer le portrait par la photographe culte Annie Leibovitz pour le magazine Rolling Stone. Le cliché deviendra plus tard tristement mythique. On y aperçoit le duo nu, Lennon en position fœtale autour de Yoko Ono, comme si une boucle, désespérée, se bouclait. Quelques heures plus tard, les deux filent en studio enregistrer un titre pour Yoko Ono, tristement prophétique : Walking on Thin ice. Il ne reste plus à Lennon que quelques heures à vivre.

Tout s’est effectivement joué de peu pour John Lennon. À 17 heures, le dénommé Chapman, qui a prémédité son assassinat, est dans la foule qui empêche Ono et Lennon de rejoindre leur limousine. Le jeune Américain tend son exemplaire de « Double Fantasy », un album sorti trois semaines plus tôt, pour se le faire dédicacer par le chanteur à la voix nasillarde. Lennon s’exécute, signe l’album puis rajoute, à un Chapman stupéfait : « C’est tout ce que vous désirez ? » Surpris par tant d’amabilité de la part de sa future victime, Chapman hésite et finalement se ravise : Lennon ne mourra pas aujourd’hui.

Les limites de la « fan attitude ». Et pourtant, toujours le même jour, vers 22h, Chapman revient. Difficile de savoir ce qui le pousse à cela, mais il a encore changé d’avis. Dans sa poche, un calibre 38 acheté deux mois plus tôt à Honolulu. Lennon et Ono, eux, ne sont pas encore rentrés au Dakota Building où ils résident. Lui veut rentrer tôt pour embrasser son fils Sean, 5 ans à l’époque ; après la session au studio, prolongée, un restaurant annulé, le couple, finalement, rentre à la maison. Il est alors 22h50, Yoko Ono passe en premier quand soudain, un « Monsieur Lennon ? » interpelle John, qui se retourne. PAN PAN PAN PAN PAN. Cinq fois. Lennon, touché, ne tombe pas immédiatement. Au gardien qui le découvre agonisant, quelques mètres plus loin, il dit : « Je me suis fait descendre. » Une vingtaine de minutes plus tard, c’est fini. John Lennon, l’homme aussi célèbre que Jésus, est mort à 40 ans.

Des motifs toujours pas clairs. Des raisons qui ont poussé Chapman à passer à l’acte, on ne sait toujours pas grand-chose, hormis que ce meurtre aurait été dicté par son dégoût de ce que la star embourgeoisée était devenue mais aussi de ses multiples provocations envers le FBI, la CIA et toute forme d’institution. Liquidé, Lennon devient instantanément une icône pour la planète pop. Quant à Chapman, qui reconnaît immédiatement les faits, c’est le début d’une triste notoriété qu’il avouera plus tard être la raison principale de son acte fou. À 64 ans, il purge actuellement une peine de prison incompressible en dépit de ses multiples demandes de libération depuis 2000, en vain. Et Lennon, lui, est parti depuis désormais trente-neuf ans. Pour commémorer le triste anniversaire, Sean Lennon, fils de, a publié une bouleversante photo de lui et de ses parents.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par Sean Ono Lennon (@sean_ono_lennon) le

Quant à Yoko Ono, elle s’est exprimée sur Twitter sur l’amour qu’elle continue de porter pour son seul époux, et fait un lien très direct entre son assassinat et la non régulation des armes à feu aux États-Unis, où 1 400 000 personnes auraient été tuées depuis la mort de Lennon.

Trente-neuf ans plus tard, on ne peut s’empêcher de se demander comment l’ex Beatles aurait réagi aux dérives de la société américaine, et comment il aurait su s’emporter, avec la hargne qui le caractérisait, face aux agissements maniaques de Donald Trump.

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