Jeune LC est-il le rappeur le plus sous-estimé de Paris ?

Parmi les rappeurs sous-cotés, doués mais injustement méconnus, Jeune LC se pose là. Pourtant, à l’écoute de son dernier morceau, publié le week-end dernier (« 48 »), on ne peut s’empêcher de poser la question : et si c’était à son tour de briller ?

Trésor caché. L’industrie musicale est parfois incompréhensible. Né en 1984 à Bobigny, Jeune LC commence à rapper en chantant les morceaux de NTM, écrit ses premiers textes depuis 1996, mais reste injustement méconnu malgré un entourage assez solide (Joe Lucazz, Aelpéacha ou Bon Gamin, la formation d’Ichon et Myth Syzer) et quelques morceaux rapidement salués par les puristes et autres sites spécialisés.

Injuste ? Le Français reste avant tout lucide : « Je ne trouve pas que je sois un bon rappeur, explique-t-il à Sous Culture. Je ne cherche pas à être technique, je ne cherche pas à être un bon rappeur, je balance ma sauce, après tu kiffes ou tu ne kiffes pas. Je peux comprendre que si tu ne me connais pas, tu te prends un couplet comme ça, ça peut paraître bizarre. »

Bon jeune. Jeune LC n’a en effet ni l’aisance technique d’un Alpha Wann, ni le bagout d'un Damso ou le sens des mélodies accessibles d’un Youssoupha. Sa force à lui, elle est dans sa sincérité et dans sa capacité à mettre en son un rap réaliste, blindé de punchlines percutantes. Son dernier morceau, 48, publié le week-end dernier, l'illustre à la perfection : ça parle d’indépendance (« Vrai comme un rappeur sans label, je m'en bat les couilles que ça leur plaise »), de substances illicites et du passé colonialiste français (« J'aime la France malgré que j'm'appelle Mehdi El Attar/Leur version de l'histoire, j'ai du mal à la croire »), et ça nous fait illico regretter l’EP annoncé avec Myth Syzer à la production, condamné à ne jamais voir le jour suite à une mésentente entre les deux artistes.

À son tour de briller. Jeune LC n’en reste pas moins proche d’Ichon, avec qui il a notamment collaboré sur la mixtape « Il suffit de le faire ». Sur Demain, le titre en question, on en apprend notamment un peu plus sur son passé de dealer, sur son spleen quotidien et sur sa peur de quitter ce monde sans avoir laisser une trace : « Je ne sais pas si je me réveillerais demain/Sur Terre, je n’aurais rien laissé de bien ». Derrière cette phase teintée d’amertume, un fait : Jeune LC a au moins le mérite d’être reconnu par ses pairs, lui que l’Abcdr du son considérait en 2017 comme possiblement « le secret le mieux gardé de Paris ». Si on ajoute Joe Lucazz à cette liste, cette affirmation n'a peut-être jamais été aussi vraie.

Crédits photo : Sous Culture.

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