Comment Memphis, berceau d'Elvis, est devenue la capitale du rap

Le rap américain s’est toujours rattaché à une ville, à un son. Alors qu’Atlanta et sa trap générique s’essoufflent, il faut une nouvelle scène pour se renouveler et elle se trouve dans le Tennessee. Après Los Angeles, New York, Atlanta… Et si c’était au tour de Memphis de briller ?

Comme partout aux États-Unis, il y a toujours eu des rappeurs à Memphis. Three 6 Mafia sont les premiers à avoir placé la ville sur la carte du hip-hop au milieu des années 1990, jusqu’à emporter un oscar en 2006 pour le morceau It’s Hard Out Here For a Pimp. Dès cet instant iconique, les Memphisiens ont compris qu’ils avaient eux aussi leur mot à dire. Les rappeurs deviennent de plus en plus nombreux au sein de la ville, sans pour autant exploser à l’échelle nationale, jusqu’à maintenant. Petit à petit, Memphis fait son nid. De quoi passer en revue ses rappeurs les plus importants, des doyens aux plus jeunes.

Les anciens :

La Three 6 Mafia ne fait plus de musique depuis la mort de l’un des leaders du groupe, Lord Infamous, en 2013. Ils ont laissé la place à de nouvelles têtes, tout aussi talentueuses.

Côté nord de la ville, le plus connu d’entre eux est sans doute Yo Gotti, rappeur depuis ses 15 ans, qui s’est fait connaître grâce à ses mixtapes “Cocaine Muzik 1”, “Cocaine Muzik 2”… jusqu’à 9. Il a d’ailleurs appelé son label Cocaine Muzik Group, renommé CMG, puis Collective Music Group. C’est quand même un peu plus corporate, surtout quand on obtient un deal avec Epic Records. Il profite d’avoir sa propre structure pour signer de jeunes rappeurs tout droit sortis de Memphis, mais on y reviendra plus tard. Il devient réellement mainstream en 2016 avec Down In the DM.

Côté sud de la ville, on retrouve Young Dolph. Fier représentant de sa ville, Adolph (oui, oui c’est son vrai prénom) est toujours resté à l’écart de l’industrie. Indépendant depuis ses débuts en 2008 et la création de son label Paper Route Empire, il n’a pas changé. Son propos décrit son quotidien très violent, entre ses activités illicites de dealer de rue et sa passion/addiction pour la drogue douce.
En 2014, il crache sur CMG, label de Yo Gotti, et là c’est le drame. Les deux rappeurs entrent en clash par morceaux interposés, ce qui donnera naissance à de belles chansons comme Play Wit Yo’ B*tch. L’embrouille deviendra (vraiment) plus sérieuse quand Young Dolph se fera tirer dessus trois ans plus tard.

Les jeunes :

Gotti et Dolph se sont positionnés comme les boss de la ville par leur musique, mais pas que. Ils ont chacun créé leur label indépendant, respectivement CMG et PRE, où ils signent uniquement des artistes provenant de Memphis. Les deux rappeurs ont détourné la lumière mise sur eux pour mettre en avant Key Glock, Moneybagg Yo, Blac Youngsta, Blocboy JB… Ces nouvelles têtes, âgées entre 23 et 28 ans, ont réussi à se faire un nom. Le symbole du renouveau de Memphis est le morceau Look Alive de Blocboy JB en featuring avec Drake.

 

Tous ces rappeurs parlent de la violence qu’ils connaissent et la retranscrivent dans leur son. Ils font avancer leur musique vers le top en faisant le plus de morceaux ensemble. Ils multiplient les albums en commun, comme l’excellent “Dum and Dummer” de Young Dolph et Key Glock, “2 Federal” de Moneybagg Yo et Yo Gotti ou le dernier en date, sorti le 18 septembre, “Code Red” entre Blac Youngsta et Moneybagg Yo.

Longtemps mise à l’écart du reste du pays, Memphis est désormais prête à s’installer et à rester dans le paysage rap américain. Ces artistes sont malheureusement divisés entre le nord et le sud. Est-ce que leur succès se décuplerait s’ils s’alliaient comme les Avengers ? Certainement, mais vu le clash en jeu, ça n’arrivera jamais.

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