Ce rappeur doit faire écouter ses morceaux à la police avant de les diffuser

Depuis sa libération de prison en mai dernier, le Londonien Digga D ne peut plus sortir ses morceaux de rap comme il l’entend. Condamné pour “complot afin d’accomplir des actes violents” (logique quand on sait qu’il a attaqué un groupe de personnes à la machette), le rappeur doit désormais faire valider tous ses morceaux par la Justice avant de les dévoiler au grand public.

Digga D s’est retrouvé en prison début 2019 pour avoir attaqué les membres du groupe “12 World”. Issus d’un quartier ennemi, ils ont eu le malheur de publier un morceau où ils insultaient la grand-mère d’un des membres du Ladbroke Grove, collectif de Digga. Après 15 mois d'incarcération, ce dernier sort de prison en mai 2020. Depuis, il est soumis au Criminal Behaviour Order, une ordonnance de comportement criminel. Avant de sortir ses morceaux sur les plateformes de streaming ou sur YouTube, il doit passer par une étape plus que capitale : le contrôle des autorités. Si le rappeur a le malheur d’inciter à la violence dans ses clips ou dans ses textes, il peut immédiatement retourner derrière les barreaux.

Depuis sa sortie, le succès de Digga D est phénoménal : à seulement 20 ans, il cumule presque 2 millions d’auditeurs par mois sur Spotify et plus de 60 millions de vues sur YouTube. La semaine dernière, il révélait son nouveau morceau Daily Duppy sur la chaîne de GRM Daily. En moins de 24 heures, la vidéo passe numéro un des tendances YouTube en Angleterre. 

Dès sa sortie du placard, la BBC suit Digga D dans sa vie de tous les jours pour dénoncer la situation dans laquelle il se trouve. Le Guardian a également partagé le documentaire où l’on voit le rappeur avec un bracelet électronique en permanence, forcé d’habiter à 200 km de Londres, sa ville natale. Il est l’un des premiers à se faire contrôler par la police à chacun de ses faits et gestes ; au moindre faux mouvement, il peut être censuré et remis derrière les barreaux.

Digga D n’est plus un cas isolé puisque d’autres rappeurs comme Drakeo The Ruler ont vu leurs clips utilisés contre eux au tribunal. Le contrôle des autorités sur la musique de ces rappeurs ultra-violents devrait servir à éviter toutes incitations à des actes criminels. Pourtant, les membres de N.W.A. n’ont jamais été arrêtés pour avoir fait le morceau Fuck Tha Police… Cette nouvelle méthode de contrôle total sur un rappeur ne peut que nuire à sa musique et à sa carrière. Malheureusement, elle se répand de plus en plus du côté de l’Angleterre. La police va-t-elle finir par tuer la Drill ? Ça a l’air bien parti pour.

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