Brendan Benson des Raconteurs nous parle de son nouvel album (et de Jack White)

À 49 ans, l’Américain sort son septième album solo « Dear Life », le premier où il s’est mis à utiliser un ordinateur pour composer, et sur lequel il veut montrer que le rock peut se réinventer.

Comment occupes-tu tes journées durant le confinement ?

Brendan Benson : Je suis à Nashville avec ma famille. On marche beaucoup dans le quartier. On a aussi une rampe dans le jardin alors avec mes enfants on fait pas mal de skate. Et puis il y a l'école à la maison, les interviews, la promo, etc. On trouve de quoi s'occuper. 

As-tu été attiré par le rock depuis ton plus jeune âge ?

Oui, dès le départ, c'était David Bowie, les Rolling Stones, Iggy Pop. J'ai toujours aimé l'interprétation du rock faite par les Anglais : ce sont les meilleurs. On sait que les Stones par exemple essayaient d'imiter des artistes comme Jimmy Reed. Dans ce processus d'imitation, ils ont réussi à sortir quelque chose d'unique et d'excitant. Même le punk était plus cool en Grande-Bretagne qu'aux États-Unis, les enregistrements étaient meilleurs. Pour moi, ils étaient en avance sur leur temps.

Le nouvel album « Dear Life » arrive assez vite après celui des Raconteurs « Help US Stranger » sorti l’année dernière…

En fait, l'album est sur le feu depuis un petit moment déjà. Il y a des chansons que j’ai écrites il y a cinq ans. J'ai commencé dans mon studio à Nashville, mais la ville a décidé de le faire démolir, comme de nombreux autres studios. J'ai déplacé mes équipements dans un conteneur et j'ai installé un petit studio à la maison. Mais comme je n'avais pas beaucoup de place, j'ai commencé à utiliser l'ordinateur pour composer et trouver des nouvelles sonorités via des logiciels. 

Ça s'entend surtout sur les deux premiers morceaux de l’album I Can If You Want Me To et Good To Be Alive.

C'est vraiment un plaisir de composer de cette manière. C'est aussi un peu effrayant, car tu es face à un nombre incalculable de possibilités. Mais j'ai compris que l'on pouvait atteindre les mêmes résultats avec les logiciels qu'avec les instruments. Il y a deux chansons sur ce disque avec des cuivres : une a été enregistrée avec de vrais musiciens et l'autre avec un ordinateur. Eh bien je mets au défi les auditeurs de différencier les deux.
J'ai aussi trouvé des sons qui avaient la même puissance, voire qui étaient encore plus efficaces, qu'une guitare électrique, mais sans en être une. Et puis parfois, le rock sonne comme une parodie, une caricature. On doit se surpasser et de réinventer, parce que le hip-hop et le rap changent la donne. Ils ont réouvert le champ de la créativité. 

As-tu envie de repartir à zéro ? 

J'ai presque 50 ans et je réfléchis à mon héritage, à ce que je vais laisser derrière moi. Je veux qu'on se souvienne de moi comme d'un artiste qui évolue et qui grandit avec son temps et son époque. Il n'y a rien de pire que les vieux mecs qui se la jouent cool avec les jeunes. 

Réfléchis-tu à comment tes chansons vont "sonner" en concert pendant que tu les enregistres ?

Oui, beaucoup plus qu'avant. Et c'est grâce à Jack White. Lui, il enregistrait uniquement ce qu'il pouvait refaire en concert. Je n'étais pas d'accord à l’époque, mais je comprends mieux maintenant : parfois certains morceaux sont trop compliqués à jouer sur scène parce que je n’ai pas le bon synthé ou une personne pour en jouer, parce que cette partie-là est difficile, etc. Donc maintenant je fais gaffe. 

Vu que tu parles de Jack, comment s'est passé le retour avec les Raconteurs ?

Avec Jack, on est deux "mâles alpha" : il impose et il a une nature dominante. Mais ensemble, on est comme deux enfants dans un magasin de bonbons : très excités et on se marre bien. Pour ce disque, comme on a été séparés longtemps avec le groupe, on a eu l’impression de se retrouver comme pour la première fois. Cette excitation de se réunir, mélangée avec les nouvelles idées qu’on avait tous, faisait qu'on avait le sentiment de refaire un premier album, avec la même énergie des débuts. Mais on a grandi entre-temps et on se chamaille moins qu’avant. Par contre on se marre toujours autant. 

Vous n'aviez pas peur que les gens aient oublié le groupe ? 

Bien sûr. Je ne savais pas à quoi m'attendre, surtout que le rock n'est plus aussi attirant qu'il ne l'était. En dix ans, les gens évoluent et grandissent, donc quand les premières réactions sont arrivées, on a été surpris. Une belle surprise. Nos fans sont très loyaux et j'ai été touché par toute l'année 2019 sur la route. On a pu voir que le public aimait beaucoup The Raconteurs. Je vais mourir heureux grâce à ça. 

On s'était aussi demandé qui seront les gens aux concerts : est-ce qu'ils auront le même âge que nous ? Mais là encore, on a vu plein de jeunes et ça fait du bien de voir que le rock continue d'attirer les foules de tous âges. 

Une dernière question piège : qui est le meilleur guitariste dans le groupe ? 

[Il hésite.] Je vais devoir dire Jack Lawrence. Tu as bien dit guitare, c'est ça ? La basse, c'est une guitare, donc je vais dire LJ. 

L'album « Dear Life » sort aujourd'hui le 24 avril sur le label Third Man. 

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