20 ans après, « Le combat continue » d’Ideal J reste toujours aussi hardcore

Le 26 octobre 1998, Kery James, DJ Mehdi et deux autres comparses balancent un deuxième album mythique, taillé dans la colère, l’introspection et les regrets. Retour sur cet album qui a changé la donne dans le rap français.

Éveiller les consciences. Réécouter "Le combat continue" d'Ideal J en 2018, c'est d'abord mesurer l'importance de cet album dans la discographie de Kery James et DJ Mehdi, mais aussi dans l'histoire du rap français, rarement confronté à tant de provocation, de mélancolie et de réalité crue. Ensuite, c'est comprendre l'impact de sa pochette, où l'on voit la main de l'oncle de DJ Mehdi serrer fortement le drapeau tricolore. "Comme si la France lui appartenait", dira l'auteur de la photo, Armen Djerrahian.

 

C'est enfin tendre une oreille à des morceaux qui, bien que parfois bancals et marqués par des propos parfois choquant ("Hardcore, deux pédés qui s'embrassent en plein Paris", entend-on sur Hardcore), continue aujourd'hui encore de l'emporter à l'applaudimètre.

La rime est brutale. Contrairement au premier album de la formation, complétée par Teddy Corona et Rocco, "Le combat continue" marque les esprits et s'impose rapidement comme le premier vrai classique de la Mafia K'1 Fry, collectif du Val-de-Marne apparu au mitan des années 1990 - ce n'est sans doute pas un hasard si Intouchables, AP du 113, Karlito, OGB et Rohff, autres membres de cette famille, font une apparition.

 

Surtout, des titres tels que Nuage de fumée, J'ai mal au cœur ou Si je rappe ici permettent à Kery James d'affirmer son goût pour le storytelling, engagé et introspectif. Mais également pour ce verbe âpre et ces morceaux fleuves qui, soyons-en sûrs, ne manqueront pas d'inspirer Rohff au moment d'enregistrer son premier album un an plus tard ("Le code de l'honneur").

Affaire de famille. Tout n'est évidemment pas parfait. Avec le temps, des morceaux tels que Blast Masta Killa ou Sur violents breakbeats se révèlent même assez anecdotiques, surtout quand on connait le niveau affiché par le reste du rap français en 1998 : "Quelques gouttes suffisent" d'Ärsenik, "Opéra Puccino" d'Oxmo, "Détournement de son..." de Fabe, etc.

 

Qu'importe, la fusion entre le flow de Kery James, véritable maître de cérémonie ici, et les productions de DJ Mehdi, qui sample aussi bien Amon Düül II et War que Stan Getz et Dr. Dre, entre dans la légende. Après cet album, le premier se convertit à l'Islam et se consacre pendant un temps à un rap assagi et spirituel. Le second, lui, se lance avec succès dans l'enregistrement des "Princes de la ville" du 113 et commence à expérimenter des sons plus axés sur l'électronique. Mais c'est une autre histoire...

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