Vingt-cinq ans après sa sortie, les membres de R.E.M. ressortent « Out of Time »

Détesté par les puristes, adoré par le grand public, le plus grand succès de R.E.M. est aujourd’hui réédité avec bonus, inédits et versions live. Cinq ans après la dissolution du groupe, une bonne occasion de REMettre le couvert.

Cure de jouvence. Atypique, à bien des égards, la bande d’Athens (Géorgie) n’a jamais rien fait comme tous ses copains de l’indie (l’Alt Rock comme on disait dans les années 1980). Devenu champion des college radios à la fin des années 1980 avec une poignée d’albums qu’on peut encore réécouter sans rougir (« Murmurs », « Green »), R.E.M. décide en 1991 d’agrandir la porte avec un disque idéal pour la génération MTV : il y a deux tubes, une pochette consensuelle et une joie de vivre inédite. C’est « Out of Time », sorti quelques semaines avant la guerre du Golfe. Sauf qu’ici, les frappes chirurgicales se nommeront Losing My Religion et surtout Shiny Happy People, un hit de bubble pop écrit selon Michael Stipe « pour les enfants » et toujours joué, vingt-cinq ans plus tard, dans les écoles primaires.

Des chansons d’amour et une mandoline. Lassés d’écrire des morceaux indie autour du classique triptyque guitare-basse-batterie, le groupe décide pour cet enregistrement de bousculer ses habitudes. Stipe met ses chansons engagées au placard ; Peter Buck troque sa six-cordes bruyante contre une mandoline (l’intro de Losing My Religion, devenue insupportable pour toute une génération de blousons noirs) et le groupe commence à composer des chansons d’amour un peu trop sucrées (Near Wild Heaven). C’est tout cela qu’on entend, en versions désossées, sur la réédition des 25 ans de « Out of Time » avec, pour chaque morceau, son équivalent démo joué semi-acoustique. À moins d’être un fan intégriste de R.E.M., rien d’indispensable à votre discothèque. Mais deux bons inédits (Untitled Demo 2 et Fretless 1) et une pincée de nostalgie pour ces quatre garçons qui réussirent à écouler 10 millions de copies de « Out of Time », presque par accident.

Hors du temps. Vingt-cinq ans après sa sortie, « Out of Time » reste donc une anomalie de plus dans une discographie étrange. Là où d’autres auraient creusé le filon du succès, Michael Stipe signera dans la foulée un nouveau tube (Everybody Hurts, cette fois vraiment insupportable), publiera un disque grunge (« Monsters ») l’année de la mort de Kurt Cobain puis négociera un contrat record pour l’époque (80 millions de dollars avec Warner Bros) qui lui permettra d’enregistrer… le moins populaire des disques de sa carrière (« New Adventures in Hi-Fi »). Dans une récente interview accordée au New York Times, Stipe confiait que ce dernier était pourtant son disque préféré, preuve que R.E.M. a toujours aimé les contrepieds. Michael Stipe, 56 ans et vieille barbe de gourou flippant, déclarait récemment être prêt à chanter à nouveau. Mais ça ne sera certainement pas avec R.E.M., à la retraite depuis 2011.

« Out of Time » est réédité par Universal dans une édition anniversaire disponible en trois formats (2CD, 3LP et 3CD+1Blu-ray)

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