Québlo chez lui, Roméo Elvis publie un nouvel EP : "Maison"

Un nouveau projet, concis et foncièrement rap, à considérer comme « une sorte d'apéritif avant le deuxième album solo ».

Quoi de mieux qu'un projet nommé « Maison » en ces temps confinés ? Réponse : un EP intitulé ainsi et réalisé par Roméo Elvis. C'est d'autant plus jouissif que le Belge choisit de revenir à ses premières amours : du rap pur et dur, sans concessions ni considérations pop, forcément éloigné des mélodies enjouées et entrainantes de son premier album, « Chocolat », paru il y a un an et certifié disque de platine aussi bien en France qu’en Belgique.

« Ça m'excite un peu de faire un truc comme ça parce que c'est sans promo, sans clip, dit-il dans un interlude. C'est que de la musique, c'est intéressant, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas juste concentré là-dessus. Ça va faire du bien. »

« Maison » n'est donc pas un retour aux sources (pensons ici à Bruxelles c'est devenu la jungle ou Famille nombreuse) d'un rappeur qui n'a d'autres choix que de se reconnecter à son passé pour renouer avec le succès. C'est le projet d'un artiste joueur et bien décidé à mener sa carrière comme il l'entend - en témoignent ses multiples interventions sur Instagram, parfois censées, d'autres fois énervantes, mais toujours spontanées.

À la réalisation de ce nouvel EP, enregistré juste avant le confinement mais finalisé ces derniers jours, on retrouve aussi de vieilles connaissances : Todiefor, VYNK (également proche des surdoués de YellowStraps), Phasm, La Miellerie et Le Motel, déjà à l'origine des EP « Morale » et « Morale 2 ». Forcément, cela influe sur l’énergie de ces cinq nouveaux morceaux, tiraillés entre la mélancolie d'une soirée passée à halluciner dans les rues de Bruxelles (Défoncé), un banger apte à ambiancer les foules en concerts (Chaud), quelques considérations politiques et écologiques (« La pollution va se déposer chez les poisseux / Dans 30 ans on ne pourra plus pêcher de poissons »), ou encore un boom-bap interprété avec le charisme de celui qu’il est impossible de ne pas écouter (Gonzo).

En cinq titres, « Maison » confirme ainsi l'ambivalence d'une plume capable de la plus sympathique légèreté comme de la plus surprenante introspection, d'un artiste capable, comme il le sous-entend dans Vinci, d'alterner entre le savoir-faire tubesque de Maître Gims et les fulgurances de Lefa. C’est là toute la singularité de Roméo Elvis : sans être le rappeur le plus technique de notre époque, le Bruxellois a réussi à faire de son interprétation, théâtrale sans céder à la démesure, un atout mélodique suffisamment puissant pour lui permettre de varier les styles et les approches à chaque projet.

Crédits photo : Strausphère.

 

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