Quand les producteurs électro offrent un lifting à la pop française

Ce vendredi, Clara Luciani offre son « Cœur » aux côtés de Breakbot. À la rentrée, ce sera au tour de Laurent Garnier de dévoiler un album commun avec The Limiñanas. Le phénomène est donc réel, et ne cesse de s’intensifier. C’est donc le moment parfait pour regarder dans le retro et revenir sur cinq albums de pop française produits, pensés et réalisés par des artistes issus des circuits électroniques.

Alizée x Institubes

Loin des radars de l'industrie musicale depuis plusieurs années, Alizée reste un mystère en même temps qu'un étonnant objet de fascinant. Quand beaucoup résument l'ex-Lolita à ses quelques tubes produits par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, d'autres préfèrent se rappeler au bon souvenir d’« Une enfant du siècle », sorti en 2010 et mis en son par une partie de la French Touch 2.0. L'album est produit par Institubes, et cela n'a rien d'un hasard quand on sait que Para One, Rob ou encore Château Marmont figurent au casting de ce disque mal-aimé par le grand public, pas forcément à la hauteur de ses ambitions, mais indéniablement courageux.

Ne serait-ce que dans sa volonté de réconcilier underground et musique populaire. « Je suis persuadée qu'on peut être mainstream et faire des choses de qualité », disait Alizée à Brain Magazine. Traduction : ce n'est sans doute pas pour rien si Aphex Twin a passé l'un de ces morceaux dans un de ses mixs.

Charlotte Gainsbourg x SebastiAn

Contrairement aux héros dans les films de Francis Veber (oui, chacun ses références...), Charlotte Gainsbourg a toujours eu le don de savoir bien s'entourer : après un album produit par Air, un autre réalisé par Beck et un dernier nettement plus collaboratif (avec Villagers et Connan Mockasin, notamment), la Française débarque en 2017 avec un disque entièrement pensé aux côtés de SebastiAn, le génie tout en cuir de la clique Ed Banger. Résultat : "Rest" s'éloigne d'une formule pop devenue prévisible pour s'acoquiner avec des productions électroniques, des beats saturés (appelons ça la touche SebastiAn !) et des inclinaisons disco qui amènent un soupçon de légèreté à des chansons presque cathartiques.

Sur "Rest", Charlotte Gainsbourg peut également compter sur Guy Man des Daft Punk, ce qui est un luxe que peu d'artistes français ont pu se permettre ces trois dernières décennies. N'est-ce pas, Sébastien Tellier et Kavinsky ?

Prudence x Xavier De Rosnay

On l’a peu dit, mais « Beginnings » n’est pas simplement le premier projet solo d’Olivia Merilahti, ex-The Do. C’est aussi et surtout une œuvre qui a été pensée par plusieurs têtes chercheuses, de préférence issues des circuits électroniques. Ainsi de Xavier De Rosnay et Surkin (Here & Now), venus intensifier le BPM des mélodies et densifier la production de ces pop-songs qui font des galipettes aux synthés, au R&B et aux nappes atmosphériques. Il suffit d'écouter la chanson-titre, placée en intro : à la fois retrofuturiste et suave, la mélodie trahit d'emblée ce qui passionne la moitié de Justice depuis près de 15 ans. Soit une légère obsession pour Moroder et ses rythmes robotiques.

Para One x Bonnie Banane

Contrairement à ce qu’il a pu réaliser sur le premier album de Meryem Aboulouafa, Para One n’est crédité que sur trois morceaux sur « Sexy Planet », le premier long-format de Bonnie Banane : Quelle osmose !, Béguin et Limites, un titre où l'atmosphère, très nerveuse et hybride, permet de nuancer la lourdeur du sujet (le viol). Pourtant, à en croire la Parisienne, l’ex-TTC a joué un rôle encore plus important : il est celui qui lui a permis de croire en ses idées, d’affiner son projet, d’aller toujours plus loin dans l’expérimentation.

En clair, Para One n’est ni plus ni moins que le directeur artistique de « Sexy Planet ». Ça n'a rien d'un acte inédit, mais il est toujours bon de rappeler à ceux qui l'ignoraient encore à quel point le Parisien excelle dans tout ce qu'il entreprend.

Alex Beaupain x Superpoze

Plutôt que de perdre de longues heures à éplucher la liste des artistes français produit par Philippe Zdar et Hubert Blanc-Francard, terminons par un dernier exemple, moins connu, plus intimiste : « Pas plus le jour que la nuit » d'Alex Beaupain, produit par Sage et Superpoze, déjà connu pour son travail aux côtés de certains rappeurs (Lomepal, Nekfeu, Gringe). En ressort un disque de chanson française qui évite les déluges de corde, le chant trop maniéré et les textes volontiers autocentrés. Ici, il s'agit de tendre vers l'épure, voire de s'autoriser à danser sur des petites touches d'électro-pop. Et, disons-le, ça fait du bien.

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