L'immense Ennio Morricone vient de mourir à 91 ans

Pendant six décennies il a mené le monde de la musique de film à la baguette. Et jusqu'au bout, il aura eu à cœur de rythmer les longs-métrages pour leur donner des couleurs invisibles. Le compositeur et chef d'orchestre italien s'est finalement éteint dans la nuit du dimanche 5 juillet des suites d'une chute. Bye bye maestro.

Le terme "légende" est aujourd'hui utilisé à toutes les sauces et pour à peu près n'importe qui. Pourtant, dans le cas d'Ennio Morricone, c'est presque en dessous de la réalité. Auteur de quelque 500 musiques originales de film sur 60 ans, inventeur presque à lui seul du courant western-spaghetti (avec son ami d'enfance Sergio Leone, à qui il offrira 6 B.O.), travailleur infatigable naviguant entre tous les styles, Ennio laisse derrière lui une carrière digne d'un long-métrage. Malgré son âge canonique (91 ans), ce n'est finalement pas le coronavirus qui aura eu raison de lui, mais une simple chute qui, selon Il Corriere della Sera, aurait entrainé une fracture du fémur. Là encore, une fin inattendue. 

 

Dans la jungle de ses productions, évidemment tout a vraiment débuté avec le succès de la bande-son de Pour une poignée de dollars de Leone. Mais résumer Morricone au seul genre du western est non seulement une grosse bêtise, mais aussi une insulte. Rapidement, l'Italien se met en quête d'autres sonorités, explore l'électrique (la géniale B.O. de Citta Violenta, entre Miles Davis et Jimi Hendrix), habille Delon, Gabin et Ventura dans Le clan des Siciliens, puis mène tambours battants une carrière qui le mènera jusqu'à 2018, date de sa dernière partition pour le film de Joshua Sinclair, A Rose in Winter.

 

Bien plus discret depuis quelques années, Ennio Morricone n'avait pourtant rien perdu de son appétit. Il s'auto-célébrait lors de concerts XXL destinés à revisiter son œuvre, exigeait qu'on s'adresse à lui en l'appelant "Maestro", et rien que cela en disait beaucoup sur celui qui dut attendre ses 87 ans pour recevoir un premier Oscar. C'était pour son travail sur Les Huit Salopards de Tarantino ; un réalisateur qui l'avait finalement réconcilié avec le western après un hiatus de 40 ans. 

Il aurait fêté ses 100 ans en 2028, mais Ennio a préféré s'éclipser avant le générique de fin.

Crédit photo : Gonzalo Tello

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